Resultats economiques

Voici mes comptes de résultat des années 2014 à 2016, les chiffres étant tous en € TTC :

 

 Charges
Année 1 Année 2 Année 3
 Charges variables
Consommables ventes 98 409 295
Eau 732 1032 1346
Terreau 115 318 318
Produits Phyto et engrais 130 703 506
Matériel pour cultures 50 50 194
Semences & Plants 1753 5664 5376
Stage 1500
sous total charges variables 2878 8176 9535
Charges fixes
Communication 0 510 102
Frais banque 48 80 80
Assurance Pro 174 200 200
Cotisations sociales 0 95 96
Comptabilité 0 0 0
Certification AB 462 474 480
Frais de commercialisation 515 1700 1923
Fermage 0 94 94
Entretien Véhicule 200 1000 525
sous total charges fixes 1399 4153 3500

 

 

 

  Produits Année 1 Année 2 Année 3
Ventes légumes 9723 23098 35600
TOTAL 9723 23098 35600

 

 

EBE 5446,00 10769,00 22565,00

 

amortissement 8347,8 8347,8 8347,8
intérêts 0 0 0

 

RESULTAT -2901,80 2421,20 14217,20

 

 

 Chiffres clés
Année 1 Année 2 Année 3
EBE 5446 10769 22565
Amortissements et intérêts 8348 8348 8348
Revenu disponible -2902 2421 14217
Prélèvements 0 0 12000
Capa. d'autofinancement -2902 2421 2217

 

Investissement total (€ TTC) 41739
amortissement (années) 5
Annuités (€) 8347,8

Mes commentaires

 

J’ai entièrement autofinancé mes investissements, qui s’élèvent à environ 42000€ entre 2014 et 2016, répartis de la manière suivante : 11000€ en 2014, 18000€ en 2015, et 12000€ en 2016. Dans ma comptabilité, j’ai décidé d’amortir ces investissements sur 5 ans, sans compter de frais financiers du fait de l’autofinancement. Cela donne une annuité de 8348€ sur 5 ans.

 

2014 :

L’année 2014 a été pour moi une première année de test, pendant laquelle j’ai installé mes premiers jardins et j’ai découvert le métier. J’ai peu produit cette première année, ce qui explique le chiffre d’affaires très faible (9700€), ainsi que les charges de production peu élevées. L’annuité de plus de 8000€ m’amène à un résultat négatif de -3000€.

Je dispose cette première année 2014 de deux tunnels de 250m2 chacun, ainsi que 4 jardins extérieurs de 10 planches chacun, sans bardage bois et avec une couche de seulement quelques centimètres de compost sur chaque planche de culture. Cette première année, j’ai passé des heures et des heures à arroser au tuyau d’arrosage car je n’étais pas encore équipé d’asperseurs, des heures à semer car je n’étais pas équipé de semoir, et des heures à désherber car je n’avais pas bardé mes planches de culture et que les renoncules présentes dans les allées enherbées les envahissaient constamment. De plus, si je regarde la rentabilité moyenne par planche de culture cette première année, elle est de  186€/planche de 20m2, ce qui est extrêmement faible. En revanche, j’ai énormément appris sur les techniques de culture, j’ai compris mes erreurs, et j’ai découvert que j’aimais beaucoup ce métier. C’est pour cela que j’ai décidé de continuer en 2015 et de m’équiper vraiment pour rendre mon atelier plus ergonomique, confiant que j’arriverais à augmenter la rentabilité de mon atelier avec l’expérience.

 

2015 :

En 2015 j’ai plus que doublé mon chiffre d’affaires (23000€), mais c’est encore trop peu par rapport aux charges de production et à l’annuité, et mon résultat, bien que positif, est très faible : 2400€. Cela ne me permet toujours pas de me payer, mais je garde ce résultat en capacité d’autofinancement pour redémarrer ma saison 2016. J’ai en effet besoin d’un fonds de roulement d’environ 6000€, hors prélèvements personnels, pour acheter mes semences et mon terreau en début d’année (février), avant de commencer à rentrer de l’argent grâce aux ventes de légumes, qui deviennent vraiment significatives en juin. Je n’aurai donc que 3600€ à sortir de mes comptes personnels pour démarrer ma saison 2016.

Cette année 2015, mes charges fixes sont d’environ 4000€, dont 2700€ liés au véhicule et aux frais de commercialisation. Dans les charges variables, le poste Semences & Plants représente plus de 5600€. C’est une charge importante qui vient du fait que j’achète une partie de mes plants au pépiniériste, en particulier les plants de tomates, d’aubergines et de poivrons. Je pense à l’avenir pouvoir réduire ce poste à 3500€ en produisant moi-même tous mes plants. Il y a également 700€ de produits phytosanitaires et d’engrais organique, qui sont des charges qui devraient réduire fortement à l’avenir car je n’utilise plus d’engrais organique et de moins en moins de produits phytosanitaires.

Les recettes proviennent uniquement de la commercialisation des légumes. Ce chiffre d’affaires a été réalisé avec trois tunnels froids (650m2 au total, soit 1 tunnel de 150m2 en plus par rapport à 2014) et 4 jardins extérieurs de 10 planches chacun, soit 56 planches. La rentabilité moyenne par planche de culture est cette fois de 457€/planche, soit 2,5 fois celle de 2014. J’ai en effet grandement amélioré l’ensemble de mes itinéraires techniques de cultures, d’une part grâce à mon expérience de 2014, et d’autre part grâce à mes équipements (semoir, asperseurs, programmateurs d’arrosage, bardage bois de mes planches de culture) qui me font gagner beaucoup de temps et me permettent d’en passer davantage à suivre et implanter mes cultures.

 

2016 :

En 2016, le chiffre d’affaires est plus important : 35500€. Cela est dû au fait que j’ai encore progressé techniquement, mais aussi que les investissements de 2015 m’ont permis d’agrandir les jardins : je dispose en 2016 de 6 jardins extérieurs de 10 planches, et de 5 tunnels froids (36 planches sous tunnel, pour 1250m2 de tunnels). En revanche, la rentabilité moyenne est de 370€/planche, donc plus basse que celle de 2015. Cela est dû au fait que plusieurs cultures n’ont pas bien marché (tomates rondes, fraises, oignons), et que globalement je dois encore progresser pour être capable de bien valoriser cette surface plus grande. Mon objectif est d’atteindre une moyenne de 500€/planche de culture, soit 50000€ pour 100 planches cultivées.

En revanche, avec un résultat de plus de 14000€, je constate que mon entreprise est viable dès 2016 et qu’elle me permet de réaliser un prélèvement personnel de 12000€, en conservant une capacité d’autofinancement de 2000€.

Pour les charges fixes, le poste principal est les frais de commercialisation. Ils représentent environ 500€ pour la livraison des paniers (65% des ventes) et 1500€ pour le marché d’Aix les Bains le samedi matin (35% des ventes). Plus les paniers prendront une place importante dans la commercialisation, et plus les frais baisseront. D’autre part, si les autres ateliers agricoles avec lesquels je partage les frais de commercialisation faisaient un chiffre d’affaire similaire au mien, mes frais seraient divisés par deux (nous partageons les frais de commercialisation en proportion de nos chiffres d’affaires).

Enfin pour les charges variables, j’ai encore 500€ dépensés en engrais organiques et produits phyto, qui pourraient se réduire à 100€ pour le SLUXX et le savon noir. Le poste Semences & Plants est encore élevé mais il pourra être réduit lorsque je produirai la plupart de mes plants, ce que je compte faire lors de ma prochaine installation. L’eau est également une dépense importante et croissante sur mon exploitation de 2014 (730€) à 2016 (1350€). J’utilise en effet l’eau du réseau qui est facturée à 1,20€/m3 TTC, et il pourrait être envisagé des solutions alternatives moins coûteuses sur le long terme, comme une retenue collinaire par exemple.

 

Mes Conclusions

Grâce à l’analyse de ces 3 comptes de résultat, je constate que les charges fixes et variables pourront être diminuées, mais ne descendront probablement pas en dessous de 8500€/an. Avec ce niveau de charges, je pense être capable de produire 50000€ de légumes, lorsque j’aurai davantage d’expérience pour cultiver correctement 100 planches de culture. C’est une performance que je souhaite obtenir au bout de 4 à 5 ans dans ma prochaine exploitation. Cela permettrait d’augmenter considérablement la rentabilité de l’exploitation, dans l’optique de pouvoir faire vivre deux associés ayant chacun un statut professionnel, avec des cotisations sociales plus importantes que celles que je paye actuellement en tant que cotisant solidaire. Cela apporterait un confort de travail important, tant au niveau de la réduction du temps de travail que du partage des responsabilités de l’entreprise.