Rentabilite des cultures

Les cultures les plus rentables pour moi sont les salades, le mesclun, les carottes, les concombres, les pommes de terre nouvelles, les tomates cocktail et les tomates. Les courgettes, les courges, les tomates rondes, les aubergines, les poireaux, l'ail frais, et l'oignon frais sont aussi des cultures intéressantes pour moi.

 

Les salades

c'est ce que chaque client achète chaque semaine, il est indispensable d'en avoir. Je cultive environ 300 salades sur une planche de 25 m par 80 cm, et j'en commercialise l’équivalent de 250 (pertes courantes, calibre). Cela me rapporte donc 250€ par planche en un à deux mois de culture en fonction de la saison, pour très peu de travail (semis en pépinière et transplantation sur toile tissée). L'irrigation est en place et programmée pour tout le jardin de verdures-racines, ça ne représente donc pas un travail supplémentaire.

 

Le mesclun

En moyenne 20 kg par planche en un mois et demi de culture, 14,5€/kg soit 290€ par planche. Nous le vendons lavé au vinaigre blanc, essoré et conditionné en sachets fraîcheur micro perforés qui se gardent jusqu’à une semaine au frigo. Nos clients en raffolent, mais j'ai encore besoin de progresser sur cette culture car elle me prend beaucoup de temps.

 

Les carottes

C'est une de nos meilleures ventes. Nous les vendons en bottes de 500g à 2,5€/botte. Semées en 12 ou 6 rangs sur la planche, je récolte en moyenne 150 bottes soit 375€ en 2 à 3 mois de culture. Le semis est assez rapide, la levée très bonne grâce à la micro-aspersion programmée, et le désherbage est rapide. Je passe un sarcloir manuel pour les planches semées en 6 rangs, et pour celles semées en 12 rangs je désherbe une fois à la main puis la canopée formée par les fanes est très vite assez dense pour préserver la planche des adventices. Le rendement que j’obtiens est supérieur en 12 rangs (+ 20% en moyenne), mais le calibre est plus petit, et j’ai plus de carottes dont le calibre ne permet pas de les vendre en bottes et que je vends en “apérottes” à 3 euros le kg. La planche de 12 rangs demande un peu plus de travail à la récolte et coûte un peu plus chère en semences. Je travaille donc de plus en plus en 6 rangs, d’autant plus que je trouve plus gratifiant de récolter des carottes avec un beau calibre. Et que accessoirement, des légumes bien présentés, lavés et de beau calibre donnent à mon sens une image positive du bio sur petite surface, qui souffre parfois malheureusement d’une image d’”amateurisme” notamment dans le milieu agricole traditionnel.

 

Les concombres

Je n'en cultive qu'une planche à la fois car ce n'est pas un légume que je vends en grandes quantités. En revanche, son rendement est impressionnant, jusqu’à 330 kg par planche à 3€ le kilo, ce qui représente environ 1000€ par planche. Le principal travail qu'il demande, comme les tomates et les aubergines, est le tuteurage et la taille.

 

Les pommes de terre nouvelles

Nos clients en sont très friands au printemps, et c'est une culture assez facile. Je n'ai jamais eu de doryphores, peut-être parce que je ne cultive pas de pommes de terre de conservation et que je ne suis pas sur un territoire maraîcher. Je produis environ 100 kg de pommes de terre nouvelles par planche, vendues entre 4,5 et 5€ le kilo en fonction de leur précocité. Cela représente 450€ par planche en 3 mois de culture.

 

Les tomates cocktail

Les tomates cocktail que je cultive produisent en moyenne 4 kg par plant, soit 400 kg par planche. Je les vends 3,5€/kg, ce qui représente 1400€ par planche, avec possibilité d'une culture rapide avant ou après les tomates, en fonction de la série. J’aime beaucoup ces tomates car les plantes sont très rustiques, productives, et les fruits sont bien meilleurs que les tomates rondes que j’arrive à produire.

 

Les tomates rondes

Je ne suis pas encore arrivé à de bons rendements en tomates rondes, je récolte environ 3 kg par plant, soit 300 kg par planche. A 3€/kg, cela représente 900€ par planche.

 

Les aubergines

Je cultive des aubergines rondes de type Bonica F1 qui se comportent mieux dans mes jardins que les aubergines longues. Je récolte environ 150 kg par planche de culture, soit 600€ pour un prix de vente à 4€/kg.

 

Les courgettes

C'est une culture que je mène sur toile tissée ou paillage, qui demande très peu d'entretien et qui produit jusqu’à 200 kg par planche, soit entre 400 et 500€ en fonction de la saison.

 

Les courges

C'est aussi une culture qui demande très peu d'entretien. Je ne produis que les petites
courges “gourmandes” et faciles à vendre, comme les potimarrons, butternut et patidoux. Chaque planche
peut produire jusqu’à 200 kg, à 3€/kg cela représente 600€/planche.

 

Les poireaux

C'est une culture qui est très appréciée des clients quand vient l'automne. Comme il est difficile de butter les légumes avec le système de planches permanentes bardées de bois, je procède autrement. J'achète les arrachis de poireaux qui sont du diamètre d'un crayon et d'environ 25 cm de haut. Je taille les racines et je les “praline” dans une boue que je prépare avec notre terre et de l'eau. Puis je place la toile tissée sur la planche, trouée avec 4 rangées et un espacement de 15 cm sur le rang. Avec la visseuse a batterie équipée d'une longue mèche de 30 cm, je réalise dans chacun de ces espaces  des trous d'environ 30 cm dans la terre. Puis je place les plants de poireaux dans ces trous, dont les feuilles ne dépassent généralement que très peu. Je coupe à ras les feuilles qui dépassent pour éviter qu'elles brûlent au soleil et pour donner plus de vigueur aux plants. Les trous se reboucheront tous seuls en quelques semaines. J'irrigue par aspersion les premières semaines pour permettre aux plants de bien repartir, puis au GAG. Avec 500 plants par planches et un prix à 3€/kg, je peux espérer un revenu autour de 400€ par planche. Je ne cultive rien d'autre sur cette planche pendant la saison, donc le niveau de rentabilité n'est pas extraordinaire. L'essentiel du travail réside dans l'implantation, qui peut facilement prendre deux journées pour 5 planches si je travaille seul. Je place immédiatement sur chaque planche un filet anti-insecte pour protéger la culture de la mouche de l'oignon et de la teigne du poireau. Je le pose sur des arceaux nantais assez hauts pour que le feuillage reste bien ventilé pendant toute la culture, pour éviter les maladies fongiques. Je remets quelques arceaux nantais par dessus le filet pour bien le maintenir en place, ainsi je ne m'en préoccupe plus de la saison. Il ne me reste ensuite qu'à surveiller les campagnols et à poser des pièges sur les planches au besoin pour minimiser les dégâts

 

L'oignon

C'est une culture que je trouve difficile et que je n'ai pas encore réussi a rendre vraiment rentable dans mes jardins. Je cultive l'oignon sur toile tissée et je l'irrigue au GAG. J'utilise des bulbilles pour les oignons blancs que je vends en frais. Mes clients aiment bien les bottes d'oignons frais et c’est pour moi la façon la plus rentable de valoriser cette culture. Jusqu’à présent je n'en ai fait qu'en début de saison, mais je pense en faire plusieurs séries dans mon prochain jardin pour en avoir toute la première partie de l'année. Le rendement peut atteindre 150 bottes par planche a 2€/botte. Pour les oignons jaunes de conservation, je transplante des plants achetés à mon pépiniériste. Je les irrigue par aspersion les premières semaines pour la reprise, puis par GAG. Jusqu’à présent j'ai toujours eu soit un problème d'irrigation (pas le temps de la mettre en place), soit un problème de mildiou (beaucoup de pluie et variétés non résistantes), soit un problème de conservation (pourriture des bulbes après stockage). Ce qui fait que le revenu par planche dépasse rarement les 150€! Mais les maraîchers expérimentés ont des résultats largement meilleurs et j'ai bon espoir d'y arriver à mon tour, il faut juste que j'améliore mon itinéraire technique. Je dois m'assurer d'avoir une irrigation en place, des variétés tolérantes au mildiou, de bien sécher les bulbes avant de les stocker, et de les manipuler sans les choquer car cela fait pourrir l'oignon et ceux autour de lui. L'oignon est aussi une culture que je protège par des filets en permanence, sauf en périodes de fortes pluies ou je préfère favoriser la ventilation du feuillage en prévention du mildiou.

 

L'ail

C'est une culture que je vends pour l'instant uniquement en frais, car je n'en ai pas encore fait assez pour pouvoir en sécher. J'ai voulu rester prudent avec cette culture vu que notre climat est très humide et que les alliacées restent encore pour moi un petit défi. Mais finalement il se porte très bien dans notre mulch de compost très drainant, et je n'ai jamais eu de problème significatif de pourriture. J'ai par contre eu une attaque de mouche mineuse sur ma culture en 2016, qui m'a ravagé 70% de mes 2 planches d'ail. Pour les prochaines saisons, j'installerai un filet anti-insecte ou un voile thermique dès que les risques de neige seront passés. La vente d'ail frais rencontre un grand succès auprès de mes clients, je pense donc réserver deux ou trois planches pour de l'ail frais en plus de l’ail de conservation dans les années à venir.